Politique, Société

Investiture de Mamady Doumbouya : quand l’image officielle efface la détresse populaire à Conakry

Cauris-Infos
Par Cauris Infos Publié le janvier 12, 2026 Mis à jour le janvier 14, 2026 3 min de lecture
Déguerpissement de petits commerçants à Conakry avant l’investiture présidentielle
Des commerçants déguerpis à Conakry à l’approche de l’investiture présidentielle.

À l’approche de l’investiture du président de la transition, la capitale guinéenne se transforme. Mais derrière les avenues nettoyées et les façades embellies, une réalité plus sombre se dessine : celle de milliers de petits commerçants déguerpis sans alternative, privés du jour au lendemain de leur unique source de revenus.


Une capitale sous pression avant un événement politique majeur

À Conakry, les préparatifs liés à l’investiture présidentielle s’accélèrent. Les autorités veulent offrir une image soignée et moderne de la capitale aux délégations étrangères attendues. Axes routiers dégagés, espaces publics « assainis », présence renforcée des forces de l’ordre : tout est mis en œuvre pour donner à la ville un visage conforme aux standards protocolaires.

Mais cette transformation rapide s’opère au prix de décisions brutales, dont les conséquences sociales sont immédiates.


Déguerpissements massifs : les oubliés de la vitrine officielle

Depuis plusieurs jours, de nombreux petits commerces installés le long des routes et dans les quartiers populaires sont démantelés. Vendeurs ambulants, étals de fortune, petits kiosques : autant d’activités informelles mais vitales pour des familles entières.

Sans préavis clair, sans accompagnement réel, ces commerçants sont contraints de quitter les lieux sous la pression des forces de l’ordre. Pour beaucoup, ces espaces représentaient l’unique moyen de subsistance.

« C’est ici que je nourrissais mes enfants », confie une vendeuse en larmes, observant les débris de son étal.


Une modernisation sans solution sociale

Si l’assainissement urbain est un enjeu réel pour la capitale guinéenne, la méthode interroge. Aucun plan de relogement, aucune compensation, ni solution alternative n’ont été clairement présentés aux personnes affectées.

La transition politique, censée incarner une rupture avec les pratiques du passé, se retrouve confrontée à une critique majeure : celle d’une gouvernance qui privilégie l’image au détriment du social.


Investiture et symbole politique : à quel prix ?

L’investiture du président Mamady Doumbouya se veut un moment fort, symbole d’autorité et de légitimité institutionnelle. Mais pour une partie de la population, cet événement est désormais associé à la perte, à l’humiliation et à l’incertitude.

Dans les quartiers touchés, l’émotion est palpable. Colère, incompréhension, sentiment d’abandon : les larmes coulent là où les projecteurs ne s’attardent pas.


Entre pouvoir, image et responsabilité sociale

Cette situation pose une question centrale : peut-on construire une image de stabilité et de modernité sans intégrer ceux qui font vivre la ville au quotidien ?

La transition guinéenne joue une partie importante de sa crédibilité, non seulement auprès des partenaires internationaux, mais surtout auprès de ses propres citoyens. Une capitale propre ne peut durablement masquer une société fragilisée.


Conclusion

L’investiture présidentielle restera un moment inscrit dans l’histoire politique de la Guinée. Mais elle laisse aussi derrière elle des familles sans revenus et des citoyens en quête de réponses.
La véritable réussite d’un pouvoir ne se mesure pas uniquement à la qualité de son image, mais à sa capacité à protéger les plus vulnérables tout en construisant l’avenir.

Partager Facebook X WhatsApp
Retour en haut